Des projets ensemencés

L'Abondance d'Orphée

Trouver un podcast sur le projet. Le projet de création s'inscrit dans un écosystème vivant autour d'une prairie en Bresse composé de jeunes arbres, de fleurs et d'une nappe affleurante. Le projet artistique est une forêt nourricière en forme de labyrinthe, chaque ligne est dédiée à une couleur et suit les couleurs des chakras. On entre comme un badaud, émerveillé de la première note grave à la première fleur. Au coeur du projet artistique se trouve une hypothèse ou un conjointement de principes. Il s'agit que les dualités appoloniennes et dyonisiaques se reflètent avec les faces de la même pièce que sont l'entropie et la syntropie. En effet, les arbres sont plantés selon les principes de l'agriculture syntropique, approche récente et pourtant si persuasive. Au coeur même de la discipline, la succession dynamique dans le temps et l'espace régénère les sols jusqu'à l'abondance. Le projet s'appelle *L'abondance d'Orphée*, le mythe d'Orphée et Eurydice est réfléchi comme deux branches de saules nouées sur le seuil. Appolon et Dionysos sont l'arche du mythe d'Orphée, tantôt le père tantôt le fils. Guidé certes par la musique et la légèreté des fleurs, Orphée rentre et ressort, descend et remonte, comme un jour de Pentecôte, à travers l'itinéraire labyrinthique, pour chercher les présences au monde. Dans une des versions, Eurydice, éponyme de justice sans bornes, œuvrant de sa propre volonté, parcourt un chemin similaire des vieux contes. Puis Orphée est démembré et sa tête roule jusqu'à Lesbos continuant de chanter dont les paroles d'amour transcenderaient la mort. Mais quand est-il aujourd'hui de l'injustice de Lesbos ? Le mythe d'Orphée a si longtemps perduré qu'il a été caractérisé d'amoureux, de poète magique, de shaman, de prêtre... Les initiés orphiques auraient cherché à combattre les injustices. *L'abondance d'Orphée* se veut une continuité de toute cette matière myth-organique accumulée et d'offrir une poésie vivante et activiste face à la montée du fascisme, au réchauffement climatique et à l'érosion de nos sols. Ici, les migrants sont des espèces végétales fruitières ou fertilisantes dans le labyrinthe. Tandis que la forêt nourricière dévoile un autre calque plus sacré, un vestige de la fabuleuse Géométrie. Une symphonie est plantée par des vivaces à fleurs symbolisant le ballet de la Fée dragée de Casse Noisette par Tchaïkovski. Cette même entité donnera le fil conducteur au badaud tout en jouant des espacements. La fée dragée est la présence du guide dans le conte. Elle est la trace et l'écart. Elle est la fée en or qui danse en bonds. Mon travail est de ne pas sombrer dans un biais de notoriété, laissant Orphée comme seule figure d'autorité visible et héroïque. Ma recherche est une écriture d'octave, une mélodie à composter dans de nouveaux imaginaires ecopoétiques.

Chantier de plantation

Conoia a déjà animé des chantiers de plantations de haies, de buttes, de lignes fruitières... Lors du Fertîval, festival sur 3 jours en Marne, nous avons planté avec une trentaine de personnes une agro-forêt.

Mémoire d'étude

Afin de valider la formation des Alvéoles, en tant que conseiller en permaculture, Conoia a écrit sur sa Permaculture. Vous pouvez retrouver le mémoire ici. Memoire.

Diplôme de Permaculture Appliquée

Conoia continue de faire approuver ses designs par un mentor de la Permaculture UK association.

Cours de Conception en Permaculture

Conoia a déjà enseigné en tant qu'apprenti des cours sur la syntropie au Sénégal, l'éco-construction au Portugal. Deux fois en 2026, Conoia enseigne de moitié le Cours de Conception en Permaculture.

Forêt nourricière

Depuis 2021, Conoia fait la conception de forêts regroupant des dizaines d'espèces afin de créer de véritables eco-systèmes robustes et abondants.

Essai poétique sur la Syntropie Appolienne.

Ce début de création littéraire a pour vocation de développer un lien entre la mythologie grecque et l'agriculture syntropique. Le mythe d'Orphée et d'Eurydice sevira comme support à la démarche d'unir ce mouvement agricole plutôt récent et populaire à une histoire plus ancienne qui a persisté à travers les images d'Apollon et de Dionysos. L'agriculture syntropique mise en pratique par Ernst Gotsch au Brésil conquit toujours plus de personnes en recherche de techniques agricoles régénératives et productives. S'appuyant sur des résultats surprenants sur plusieurs centaines d'hectares, Ernst Gotsch a régénéré un désert. Partant d'une observation fine des espèces dans leur milieu naturel, il a mis en place une pratique combinant le temps et l'espace suivant les successions naturelles des écosystèmes. Redéfinissant la compétition, par une bataille pour la lumière, il plante densément le vivant générant une collaboration entre espèces. Dans le livre *la Vie en Syntropie* de Dayana Andrade et Felipe Pasini, Ernst Gotsch explique ces forces du cosmos. "L'entropie : ( en + tropos) = tendance à diverger la syntropie ( syn+ tropos) = tendance à converger Entropie et syntropie se réfèrent au flux d'énergie dans l'Univers, qui se divise schématiquement en deux phases complémentaires, comme l'inspiration et l'expiration dans un système respiratoire. Dans l'expiration, l'énergie se dissipe, irradie et se dégrade, entrainant des transformations entropiques, c'est à dire qu'il y a libération d'énergie. Lors de l'inspiration, l'énergie converge, se concentre et induit des transformations syntropiques, générant une concentration d'énergie dans le système. La syntropie et l'entropie sont les deux faces d'une même face. « di corpo, vannini » Selon l'interprétation d'Ernst, le flux d'énergie dans l'Univers comprend des étapes complémentaires d'agrégation et de désagrégation. Dans le processus de charge syntropique, l'énergie s'organise et acquiert des particularités qualitatives et une différenciation. De ce point de vue, il y aurait un état maximal de spécificités fonctionnelles d'une part et un extrême de désorganisation et d'uniformité d'autre part. A ce stade d'entropie maximale, le potentiel créatif est absolu. Les particules les plus élémentaires du Cosmos y sont dispersés à l'extrême. Il n'y a ni forme, ni fonction. " Ces deux faces d'une même pièce ressemblent fortement à Appolon et Dionysos. Joseph Campbell, mythologue, dans sa conférence Mythos apporte des éclaircissements sur ces dieux tout en reprenant des éléments du principe d'individuation de Nietzsche. "Dionysos est la dynamique du temps qui détruit, le temps qui roule à travers toutes choses, en apportant des nouvelles et les détruisant toutes. Dionysos chevauche avec la pleine fureur de la force de la vie, étant la source des plantes' En contraste, le lumineux monde d'Apollon, la magnifique différence des formes. Apollon est le dieu de la lumière, représentant la musique des sphères qui chante à travers toutes choses." Le rapprochement est possible d'Apollon et de la syntropie par la différenciation et la forme puis de l'entropie et Dionysos par la désagrégation et l'uniformité. Pour reprendre Nietzsche de manière moins éloquente : La figure d'autorité des dieux est morte. Appolon et Dionysos ne sont plus vénérés comme seules images héroïques, prestigieuses pour notre cosmogonie. Les terme scientifique d'entropie et de syntropie sont certes issus des milliers d'années de construction narrative du cosmos. L'objectivité du terme scientifique libère la pluralité car l'identification au corps et à la narration de ces symboles divins disparaît. Un mythe a perduré à travers les siècles unissant Appolon et Dionysos sous une figure prestigieuse et héroïque. Il s'agit du mythe d'Orphée. Il a été et est encore le poète, le musicien, l'amoureux, le prêtre et tant d'autres... A propos du mythe d'Orphée et d'Eurydice, Paul Diel écrit : "Seul le sentiment vrai et profond, l'amour pour Eurydice, pourrait sauver Orphée. Le mythe d'Eurydice n'est en vérité que l'histoire de l'état d'âme d'Orphée. Eurydice est le côté sublime d'Orphée, sa force de concentration apollinienne. La mort d'Eurydice symbolise l'évanouissement de la force sublime: c'est-à-dire la mort de l'âme d'Orphée, sa banalisation. Eurydice meurt de la morsure d'un serpent, et la force d'âme d'Orphée se meurt à cause de la vanité typique de l'artiste, lui faisant croire que la terre entière et ses jouissances lui sont dues. La vanité l'obsède au point de ne pouvoir renoncer à aucune promesse de son imagination éparpillée, de crainte que de multiples jouissances pourraient lui échapper, s'il s'attardait à aimer "Eurydice". Symbole du désir d'harmonisation et de concentration créatrice, Eurydice se trouve ainsi opposée à la multiplication dionysiaque des désirs, aux Ménades et, sur le plan concret, à la multitude des femmes secrètement désirées. Cet aspect double de la symbolisation -d'une part, Eurydice: désir sublime; d'autre part, les femmes convoitées: désirs multiples et pervers - se vérifie dans tous les détails du mythe et jusque dans l'histoire de la mort d'Orphée. On voit par là combien est apparenté au conflit de la nervosité l'excès de la banalisation insatiable, le délire dionysiaque (Dionysos lui-même s'abîme passagèrement dans le délire)." Passons outre, un instant, la description d'Eurydice comme désir sublime servant à l'homme cis hétéro d'accomplir sa quête. La figure d'autorité d'Orphée semble bien imbriquée dans la mythologie patriarcale depuis des siècles. Voyons les deux rapprochements possibles : - le désir sublime et la concentration créatrice pour Appolon comme la syntropie. - Les désirs multiples et la banalisation ( l'absence de formes, de fonction) pour Dionysos comme l'entropie. Maurice Blanchot apporte quelques éclaircissements sur la version du mythe d'Orphée et d'Eurydice. "Eurydice est, pour lui, l'extrême que l'art puisse atteindre, elle est, sous un nom qui la dissimule et sous un voile qui la couvre, le point profondément obscur vers lequel l'art, le désir, la mort, la nuit semblent tendre. Elle est l'instant où l'essence de la nuit s'approche comme l'autre nuit. Ce « point », l'œuvre d'Orphée ne consiste pas cependant à en assurer l'approche en descendant vers la profondeur. Son œuvre, c'est de le ramener au jour et de lui donner, dans le jour, forme, figure et réalité." "Elle est l'instant où l'essence de la nuit s'approche comme l'autre nuit" est la définition du "point", de l'extrême du flux entropique s'approchant du nouveau flux syntropique. Ici, Appolon et Dionysos ne sont plus caractérisés par le jour et la nuit. Chez Blanchot, Eurydice est "l'extrême que l'art puisse atteindre", ce qui serait plutôt le potentiel créatif absolu, le point de l'entropie maximale pour Orphée. Son "oeuvre " serait de ramener Eurydice, l'art pour en donner la forme, le point de syntropie maximale. Il me semble que le mythe d'Orphée dans ses dernières éditions ressemble aux flux d'énergie que sont les spirales de l'entropie et de la syntropie. Au début, le chant d'Orphée, oeuvre en soit, symbole de syntropie, émeut toutes pierres et créatures vivantes disséminant l'entropie sur son chemin jusqu'à la rencontre d'Eurydice. La disparition d'Eurydice, son potentiel créatif, son art provoque la précipitation dans les enfers. Puis il y a la remontée des profondeurs afin de ramener l'art et d'en faire œuvre que nous avons défini comme le flux syntropique. Le point de rupture et de changement de flux serait l'échec d'Orphée à ramener Eurydice au jour. Puis le corps d'Orphée est démembré de retour dans le jour, symbolisant une nouvelle fois un flux entropique. Sa tête roulant vers Lesbos en chantant ses paroles d'amour serait une ouverture sur le flux syntropique. Cependant Joseph Campbell dans *Mythos* raconte que ses paroles sont ensuite écoutées puis vendues par d'autres, revenant une fois de plus à un flux entropique. Chaque œuvre écrite sur le mythe d'Orphée et Eurydice à travers les siècles serait une concentration d'un flux syntropique. La troisième éthique de la permaculture est la juste part ou bien l'équité. Dans son sens le plus populaire, c'est redistribuer ou disséminer les ressources. C'est observer la juste part, à l'extrême de la nuit, l'accompagner à sortir des profondeurs vers un jour plus clair, plus concentré sous une pratique, une forme, une loi, un droit... Quand on parle d'un système à bout de souffle, on devine l'entropie filant vers son point maximal. C'est courir à détruire toute forme de vie. Nous devons descendre dans le flux chaotique du monde, dans les enfers, là où la Justice se trouve. Notre quête individuelle est d'accepter la descente avec la forte détermination que l'art, le désir, la mort, notre Eurydice s'y trouve. La *vanité* serait d'oublier que le flux entropique cessera, d'oublier l'impermanence des choses. Notre constitution figée dans le marbre, oeuvre d'une figure d'autorité, a entraîné comme toutes choses son flux entropique. Il est temps de la déchirer, démembrer pour en saisir la juste part et collectivement ramener au jour une forme, une autre oeuvre. Les autres prétendants au pouvoir représentent sous leur forme la plus derridienne , *l'adike*, l'injustice. Les Fascistes sont des vecteurs d'injustice, du flux d'entropie, des libérateurs d'énergie qui se dissipe, s'irradie et se dégrade. La vanité serait aussi de prendre pour permanent toute oeuvre, tout design. Le design en permaculture se veut être agencé de manière à imbriquer les éléments les uns avec les autres afin d'augmenter le nombre de fonctions par élément. Le design est vivant s'il est soumis aux lois entropiques, des éléments sont voués à disparaitre, à se dissoudre, à se rassembler, à converger sous d'autres formes, d'autres fonctions. C'est pour cela que nous choisissons l'échelle de permanence de PA Yeomans pour aider à la mise en place des éléments permanents dès le début du design. La géologie et la topographie sont les règles du jeu, sensibles aux forces du cosmos mais la temporalité humaine a toutefois peu de rapport avec l'entropie destinée aux mouvements des plaques ou à l'agrégation du granit dans les sols. Ceci dit, voyons comment l'érosion des sols par les pratiques agricoles ou minières dévastratrices résulte d'une fonction entropique bien plus rapide. Le principe d'agrégation peut être toutefois très rapide aussi. La densité par des techniques agricoles syntropiques permet de rétablir des niveaux de matière organique élevés en peu de temps. Comment collectivement réussir à saisir l'immanence des forces du cosmos, l'entropie naturelle des choses et non pas y opposer un frein mais un barrage castor. Pour freiner, ralentir, infiltrer, libérer en quelques sortes les verbes d'action du flux entropique comme le flot torrentiel. Baptiste Morizot et Suzanne Husky nous apprennent à dialoguer avec le milieu rivière. Bien que la force entropique se veut banalisation, uniformité des gouttes dans une rivière. La force syntropique se veut barrage castor, force de réponse, d'oeuvre, de dialogue, Car dans le dialogue, le vrai, ou deux logos se croisent, une différenciation se crée. C'est un dialogue permanent avec la mort, avec la Justice.

Une histoire d'Orphée à Pétra

En Jordanie, Petra( Raquim) a sculpté dans Conoia un bout d'Orphée ou est-ce les échos de la terre qui ont résonné comme une idée commune. Trouver l' histoire.

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